• Et je veux vivre...

    J’ai à faire à bord du navire.

    Non pour préserver l’oiseau de notre faim

    Ou du mal de mer,

    Mais pour voir de près le déluge.

    Et après ? Que feront les rescapés de la terre ancienne ?

    Reprendront-ils le récit ? Qu’est le commencement ?

    Qu’est l’épilogue ?

     

     

    Aucun mort n’est revenu nous dire

    La vérité…

    O mort attends-moi à l’extérieur de la terre,

    Attends-moi dans tes contrées, le temps que j’achève

    Une conversation passagère avec ce qui reste de ma vie

    À proximité de la tente.

    Attends que j’achève la lecture de Tarafa ibn al-‘Abd.

    Les existentialistes me séduisent

    Qui puisent dans chaque instant

    Liberté, justice et vin des dieux…

    Alors ô mort, attends que j’achève

    Les préparatifs des funérailles dans le printemps fragile où je suis né,

    Où j’interdirai aux orateurs

    De répéter ce qu’ils ont déjà dit

    De la patrie triste et de l’obstination des figuiers et des oliviers

    Face au temps et à ses armées.

     

    Mahmoud Darwich, Murale.




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  • "Si tu n’es pierre, mon amour, sois lune"

     

    Si tu n’es pluie, mon amour

    Sois arbre Rassasié de fertilité,

    Sois arbre

    Si tu n’es arbre mon amour

    Sois pierre Saturée d’humidité,

    Sois pierre Si tu n’es pierre mon amour

    Sois lune Dans le songe de l’aimée,

    Sois lune.

     

    [Ainsi parla une femme à son fils lors de son enterrement]

     

    Par Mahmoud Darwich

    État de siège

    de Mahmoud Darwich.




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